Dessiner l'avenir

Le premier projet de MOD-ELLE a été une participation à l'étude internationale Dessiner l'Avenir (Drawing the Future) menée par l'organisation caritative britannique Education and Employers en 2017.

 

Résumé de l'étude

 

Ce n’est que récemment que les aspirations de carrière que les enfants commencent à former au cours de leurs premières années, et notamment en primaire, ont reçu une attention sérieuse de la part des décideurs politiques. Et cela en dépit d’études qui, au cours des dernières décennies, en viennent toutes aux mêmes conclusions retentissantes : les perceptions que les enfants ont de certains métiers et de certaines carrières se forment et parfois s’enracinent à un très jeune âge. Ces études ont souligné que les aspirations des enfants sont souvent formées, modelées et restreintes par des stéréotypes de genre, par leur environnement socio-économique et, surtout, par les personnes qu’ils connaissent. Ces facteurs continuent à influencer les efforts que les enfants portent sur certaines matières, ainsi que les sujets qu’ils choisissent d’étudier et les métiers qu’ils finissent par exercer.

 

Cette étude internationale offre une opportunité de mieux comprendre qui les enfants de primaire veulent idéalement devenir, ainsi que ce qui modèle (et souvent limite) leurs aspirations professionnelles et leurs rêves pour le futur. L’étude Dessiner l’avenir a utilisé un document simple combinant le dessin du métier imaginé et un certain nombre de questions visant à mieux comprendre ce qui pourrait façonner les aspirations professionnelles de certains enfants.

Plus précisément, l’étude a demandé à des enfants de 7 à 11 ans de dessiner ce qu’ils voulaient idéalement devenir lorsqu’ils seraient grands, et leur a demandé où ils avaient entendu parler de ce métier. Par exemple, était-ce par leurs parents ou quelqu’un qu’ils connaissaient ? Ou au contraire, étaient-ils influencés par internet, par la télévision et/ou par les médias sociaux ?

 

Si les aspirations des enfants et ce qui influence ces aspirations varient d’un pays à l’autre, un certain nombre de tendances générales émergent des données récoltées.

 

En termes de stéréotypes de genre et d’attentes professionnelles liées au genre, les aspirations des enfants correspondent aux stéréotypes masculin/féminin à travers tout l’échantillon. L’un des métiers les plus populaires pour les garçons est souvent celui de policier ou de militaire, alors qu’enseignante apparaît comme l’une des professions les plus populaires pour les filles.

 

La tendance pour les aspirations liées aux STIM (science, technologie, informatique, mathématiques) est dans une large mesure similaire. En accord avec les théories populaires sur les rôles plutôt masculins ou féminins, les garçons dans notre échantillon ont une préférence pour travailler avec des « choses », par exemple en tant qu’ingénieurs ou scientifiques, alors que les filles semblent aspirer à des métiers où elles travailleront avec des personnes ou s’occuperont de personnes, par exemple en tant qu’enseignante, infirmière, médecin ou vétérinaire.

 

Dans tous les pays de notre échantillon, les mathématiques ou les sciences figurent parmi les deux matières scolaires favorites pour les enfants (filles et garçons), à l’exception de l’Australie et de la Chine.

 

Les tendances générales suggèrent que dans les pays en voie de développement, les enfants ont des aspirations professionnelles plus pragmatiques et plus élevées (médecin, enseignant), alors que dans les pays développés, les aspirations des enfants sont souvent construites autour de la « culture des célébrités » (ex. sportif, une carrière dans les réseaux sociaux et les jeux en ligne).

 

Les parents et autres membres de la famille étendue représentent souvent la plus grande influence mentionnée par les enfants, qui connaissent personnellement une personne qui pratique ce métier. Exception faite de pays en voie de développement comme l’Ouganda et la Zambie, où l’enseignant est souvent l’influence principale. Si l’enfant ne connaît pas personnellement une personne pratiquant ce métier, la télévision et les films sont l’influence principale, là encore, à l’exception de l’Ouganda et de la Zambie. Dans tous les pays de notre échantillon, moins de 1% des enfants déclarent avoir entendu parler d’un métier par un volontaire venu présenter son travail à l’école.

Que pouvons-nous y faire?

 

Une carrière future semble bien lointaine pour la majorité des élèves de primaire. Faire le lien entre ce qu’ils apprennent à l’école primaire et les métiers qu’ils pourraient un jour exercer n’est pas chose facile, en particulier pour celles et ceux issus de milieux défavorisés, où le chômage est élevé et où les perspectives peuvent être limitées.

 

Une intervention précoce peut s’avérer une façon très rentable d’élever les aspirations des enfants et d’élargir leurs horizons. Les résultats suggèrent que le fait de donner aux enfants la possibilité de rencontrer des volontaires du monde du travail les aide à mieux comprendre le sens et la pertinence des matières qu’ils étudient à l’école. L’intégration d’expériences du monde réel dans les programmes scolaires est susceptible d’entrainer une augmentation de la motivation et des résultats scolaires des élèves. Lorsqu’ils interagissent avec les enfants, les volontaires sont régulièrement perçus comme s’exprimant d’un point de vue de réelle autorité : qui serait mieux placé pour témoigner de la façon dont les mathématiques sont utilisés en dehors de la classe, qu’une personne qui gagne sa vie en les appliquant sur son lieu de travail ? Les volontaires du monde du travail peuvent aussi jouer un rôle clef en fournissant aux enfants des modèles dont ils peuvent s’inspirer, en s’attaquant aux stéréotypes de genre et d’ethnicité. L’objectif est de montrer aux enfants le vaste éventail d’opportunités ouvertes pour eux et de s’assurer qu’ils ne commencent pas à exclure certaines options professionnelles à un jeune âge.

 

C’est là le cœur de la mission du projet Modèles d'Avenir, proposé en Suisse romande par MOD-ELLE : donner aux écoles et aux universités romandes accès à un large éventail de volontaires issues du monde du travail.

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